Elles réunissent les associations de documentaristes de quatorze pays européens. Conçues comme des séances publiques de travail, leur objectif est de proposer des réponses à une problématique centrale : comment sortir le documentaire de création du formatage généralisé qu'induit la place prépondérante des diffuseurs télévisés dans les modes de production? Les propositions élaborées seront soumises aux institutions et au monde politique européens. Notre démarche intervient à un moment où l'Union Européenne cherche à renforcer le dialogue avec les professionnels de la culture. À Lisbonne s'est tenu du 26 au 28 septembre le premier forum culturel pour l'Europe, première étape d’une série de consultations permettant aux représentants de la société civile de débattre de l’action culturelle de l’Union et de formuler des propositions à même d’influencer les décideurs politiques.
Une traduction de l’anglais vers le français et du français vers l’anglais sera assurée pour toutes les tables rondes.
Entrée libre, réservation nécessaire : resa@addoc.net
Les aides européennes pour le documentaire en question
L’Union Européenne s’engage à promouvoir la diversité et le dialogue interculturel. Les intentions sont nobles et généreuses, mais qu’en est-il exactement dans le domaine du documentaire? Pour l’instant, l’économique domine les critères d’aides du programme Média. La recherche d’un nombre important de diffuseurs à l’international est fondamentale pour avoir une chance d’être pris en considération. Est-ce que cette situation aide réellement le documentaire de création ?
Gros plan sur trois initiatives européennes de soutien au documentaire
À travers l’Europe, des initiatives de regroupement et de réseau ont déjà été engagées. Elles sont importantes car ce sont elles qui permettent d’affronter les menaces qui pèsent sur le documentaire d’auteur. Ces expériences européennes pourront inspirer d’autres rapprochements.
Documè (Italie)
Giuliano Girelli, président de Documè, relatera comment en Italie, un réseau de distribution alternatif de salles de cinéma mis en place par des citoyens amateurs de documentaire a pris les choses en main pour combler le vide créé par la politique italienne. Ils organisent des projections selon un système « artisanal » reposant sur la passion et l’engagement bénévole de ses membres. Depuis son existence, Documè a pris de l’envergure et commence également à explorer Internet comme moyen de distribution. Avec un millier de projections organisées en Italie et un catalogue de plus de 200 films, ils cherchent désormais à élargir leur réseau à un niveau européen.
Online Film AG (Allemagne)
Présenté par C. Cay Wesnigk, membre du comité directoire d’Online Film, vice-président d’AG DOK, producteur-réalisateur. En Allemagne, des cinéastes, auteurs et producteurs ont fondé ensemble en 2001 une société afin de commercialiser leurs films sur Internet. Le projet www.onlinefilm.org a pris depuis une dimension européenne avec des partenaires dans plusieurs pays et un soutien du programme Media. Les premiers films à télécharger - contre un paiement minime - sont en ligne depuis novembre 2007, le démarrage officiel est prévu en février 2008 au moment de la Berlinale.
Ateliers de production et d’accueil (Belgique)
Guy Vandenbulcke, chargé de mission au Service Général de l'Audiovisuel et des Multimedias du Ministère de la Communauté française de Belgique, présentera ce dispositif d'ateliers qui existe en Belgique depuis plus de vingt ans. Soutenus par des crédits publics dont l'essentiel provient de la Communauté française de Belgique, ils ont participé à la production et la coproduction de près de la moitié des documentaires réalisés ces cinq dernières années. Ils ne requièrent pas l’obligation d’une chaîne pour soutenir un projet. La RTBF (service public de télévision de la Communauté française de Belgique) est néanmoins un de leurs partenaires pour la coproduction et la diffusion.
Pour préserver la qualité artistique et la diversité dans la création documentaire
Les associations européennes de documentaristes souhaitent travailler à la mise en place d’un fonds d’aide européen à la création qui pourrait fonctionner en relation avec un réseau de distribution sur Internet à échelle européenne (VOD). Avec un sous-titrage des langues européennes à la carte, les films pourraient véritablement être accessibles à l'ensemble du public de l’Union Européenne. Ce fonds de recherche prendrait en compte le travail d’écriture, les repérages et le développement du film avant tournage. Non lié à l’engagement d’un diffuseur, il permettrait à des projets d’auteurs de voir le jour sans la pression des chaînes de télévision.
Séance de synthèse - élaboration d’une position commune
Ce temps de synthèse permettra à toutes les associations de faire le point sur tout ce qui a été dit et proposé au cours des tables rondes précédentes. Une recherche de stratégie commune sera avancée afin de se faire entendre auprès des institutions et du monde politique.